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dimanche 30 novembre 2008 16:36
Vous, vous pouvez lire ça, moi pas...
Froid et vent. Levée de la Loire. Quelques promeneurs du Dimanche endimanchés, encapuchonnés et flirtant avec les parapluies de couleur, se plient sous les assauts de la bise froide. Brumes et ciel bas, contre-jour blanc, érables blonds miel....les maisons de tuffeau ouvragées et oxydées mauves se glissent tout à leur aise dans ce décor de bout du monde, offrant leur chevelure d'ardoise : on cherche du revers des yeux jusqu'à la ruelle de l'église, les hortensias en boule et les roses trémières... écrit par JeF
dimanche 30 novembre 2008 16:12
Octobre-Novembre 2008 Dimanche matin 25 Novembre. Impuissance du sexe et du coeur. Le jour est levé depuis plusieurs heures déjà, Charlie est parti vivre sa journée de chasse, il fait froid, le ciel est triste à mourir...Nous sommes sûrement à l'automne de notre vie, les feuilles ont été ratissées, entassées, emportées pour être enfouies dans je ne sais quel trou béant de la déchêtterie voisine... Dans la grande cheminée inutilisée depuis presque toujours, le feu crépite doucement ce matin, tout doucement, petits bois des bouleaux et vieilles bûches à demi-consumées de la veille. J'ai froid malgré la douce ambiance orangée. Les flammes traversent l'espace parfumé âcre mais l'air proche a une odeur de viande avariée. Jour de noces. Jour de noces macabres. Entre les souvenirs flous d'une moitié de vie terne et passive et les nouvelles réjouissances du coeur, les couteaux et tous les tranchants qui brillent dans la pénombre inventent les blessures nouvelles, extirpent en riant les vieux cauchemars. Parviendrons-nous à survivre au tumulte, parviendrons-nous à faire renaître ce qui à doucement chaviré dans le grand fossé derrière le mur...the wall. Haut de plusieurs mètres d'impuissance, et trou béant derrière, sans fond, avec des échelles désarticulées aux barreaux manquants qui pendent dans le vide. Mes doigts effleurent le clavier blanc de peur de réveiller plus encore les démons récents. L'apaisement me manque, j'ai peur de nous, j'ai peur de moi, oui à la musique qui me transperce les tympans, oui à l'étourdissement, oui aux flammes réconciliatrices par les cendres! Oui...? Première semaine d'enfer replié au maximum pour ne pas penser à elle, essayer de repenser à nous, essayer d'imaginer la suite de nos jours, de nos minutes, des secondes qui vont nous rapprocher ou nous séparer à jamais... Que sera demain? De quoi sera fait demain? Tout centré sur moi-même à écouter mon coeur et ses déboires, les yeux rivés sur je ne sais quel destin là, tout à l'intérieur, vide de larmes ce matin, vide de tout. Le mal a des racines puissamment profondes, l'herbe est jaunie, étouffée depuis trois semaines - quatre semaines? - sous les feuilles acides des noyers du jardin, vont-elles refleurir les printanières? Peut-être qu'un cancer latent et insidieux se love dans mes poumons depuis des années prêt à bondir à la première faiblesse, est-ce le moment choisi par les dieux? Est-ce qu'une tumeur maligne sourit en ce moment, ricane derrière mon dos, s'exclaffe en silence derrière nos vies? La cheminée à faim. Je l'entends qui gémit, les briques brûlantes appellent, crient de la matière première, de la substance à se repaître, de la bûche fraîche et sanguinolente, des victimes à égorger et à conduire les yeux bandés vers le bourreau...bûcher libérateur...enfer ingrat et sourd, purgatoire de ma conscience écorchée, de mon coeur à l'envers, de mon âme ruisselante de sang noir infesté... Que sera demain...et aujourd'hui. Que vais-je enterrer? Qui vais-je suicider? Que vais-je faire sortir de mes entrailles endolories, gangrenées? Que puisses-je faire d'autre que m'étourdir encore une fois...prendre la substance verte et résinée, absinthe de volutes âcres, prendre la voiture et rouler vers le néant, avoir l'impression soudaine d'avancer, avancer vers le meilleur ou vers le pire...qu'importe, avancer. Le pire n'est-il pas déjà en train de nous submerger...? Le ciel vient de s'entrouvrir un peu, un peu de ciel bleu ou rouge ou bariolé ; paroles d'amour et caresses retrouvées près d'elle, tendresse des mains qui se cherchent une dernière fois sous la lumière diffuse et te garde en ombre chinoise incrustée dans ma chair...Les ongles plantés pour toujours, ou la marque des dents... Mais ça y est, les deux nuages qui voguaient cote à cote se détachent un peu..."hum, ça ressemble à un adieu, non?" La tourmente a perdu de sa force, les vents l'abandonne, le printemps est juste après le virage des platanes, juste après les dernières étoiles avant l'aurore, le printemps s'accorde deux ou trois mois d'avance, il ne ménage pas sa peine pour sa survie - ou plutôt sa naissance - il est lucide, ô tellement lucide le printemps ! Et il y a au ciel tellement d'oiseaux. Demain sera peut-être pleins d'oiseaux. Le ciel est maintenant blanc brillant. Les murs des maisons sont blancs, ceux-ci seulement me font lever les yeux, les blancs presque purs, juste teinté d'ocre ou de noir en rayures irrégulières ou en tâches...Les autres ne m'interesse pas, trop de mélanges sournois et manquant d'âme. Trop de restes pourrissants, trop de longueurs, trop de langueurs. Ce dimanche soir se perd lentement dans le silence de nos brumes et nos questions restent sans réponses...juste un petit morceau d'espoir remue sous la boue, sort la tête en pensant à nous. J'essaie de me détacher de toi. J'essaie. écrit par JeF
dimanche 14 septembre 2008 18:50
Plus ou moins profond... Je mourrais bien d'une offensive inconsidérée, le menton perforé d'un joli trou rond La trachée artère sectionnée Avec une paille dorée pour respirer... Peut-être que dans cinq ou six jours je serais mort, D'un cancer à la gorge ou d'un mauvais rêve, Les étoiles dans ce ciel de septembre paraissent éternelles Mais la mort se cache derrière les poubelles... Au fond des ravins, le ciel bleu s'écoule trop doucement Au fond de mes yeux les caries lézardent ma mémoire Il y a pire encore que de sommeiller les veines sales, Tu m'as pris mes espoirs Tu dessines des horreurs Tu nous précipite dans le béant et dans la solitude... Tu m'appellera juste avant de t'éteindre Peut-être prendrais-je la même cartouche Dans l'estomac. écrit par JeF
mercredi 3 septembre 2008 22:38
La peau d'or ange dans les draps satin Un bruissement d'elle et le piano qui hésite au bout d'un couloir de sommeil en manque de nuit étoilée Les notes sourdes qui s'estompent Le saxo qui aboit plus loin que le vide présent Une cigarette qui fume doucement en volutes inachevées Les yeux qui cherchent désespérément la tasse de café Les images naissent et tu résiste encore un peu Après quinze heures de lutte Je m'endors Et tout est rêve ailé.
écrit par JeF
samedi 3 mai 2008 01:18
Et raconte-moi la lune en déshabillé de soi... Voici que du Printemps et de ses premières notes de peau satinée, Je désespère et j'attend qu'il me dévoile encore, Et de tes fesses arrondies, lascive ou entre-prises, Et des ombres et de la chaleur au plus intime, Au plus profond, Et de tes yeux et de ta bouche, et de tout ton corps qui demanderait... J'ouvre ma boite, jour après jour, comme une petite culotte de soie ou de satin que je descendrais sur tes genoux, Hibou, caillou... Vide et désespérée, sans formes ni chuchotements, sans cris ni vagues, Dis-moi, Dis-moi si je dois me taire, Dis-moi s'il faut que je te rhabille, d'une note ou d'une phrase, D'une caresse entre tes lèvres, de ma langue ou de mes mains, D'une attente en vain..? écrit par JeF
samedi 3 mai 2008 00:57
Il est trois heures, nous somme deux, il fait froid Il est trois heures, la vodka était d'orge ou de souffre Je crois que je fume la dernière cigarette Il n'y a plus la musique des mots et des rires Il n'y a plus que le silence et le cliquetis des touches du clavier Le café me tire les paupières vers le ciel Et la carte mémoire est pleine...se vide. Le cendrier vient de tourner toupie bleue de coquelicots rouges Mon pantalon s'étrique sur mon ventre dur Les papillons volent sous la lampe d'aluminium brulant Et les textes s'évadent il n'y a plus de désespoir Dans le vide du petit matin qui pointe son nez de clown amer Les petites fées des heures meurtries s'écorchent au reveil des lueurs Matinales Je monte mon col et je prie aux dieux des feux de poudres rouges et de lumière... Que j'ai froid soudain que la peur des aiguilles que l'eau qui monte fait des vagues immences au crépuscule de tes rêves... De raisonnement de raisonnances perverses alentour Il y a près de toi ma chaleur ta chaleur ton sexe salé la mer près des Quais un bruit qui s'essouffle une aventure d'aventures un bruissement D'ailes des rais de soleil derrière les grilles d'ombres douces Applaties sur le mur... Un air de mélancolies sourdes et tes pieds qui s'envolent dans cette Tourmente de silences exaucés plus petite la fatigue des jours nuit Au mots sacrés volutes bleues dernière cigarette les lumières S'éteignent...Dehors il fait jour nos minutes sont comptées. écrit par JeF
dimanche 27 avril 2008 22:53
Rêverie post ado Dans les collines méridionnales près de Balleure... Ce n’est pas si mal le poteau électrique en béton Quand il y a seulement la tête qui s'échappe des taillis sous futaie On dirait les vestiges de téléphériques oubliés Tu imagines en haut derrière les fils qui se perdent Une cime invisible inconnue Dentelée et claire comme du blanc d'Espagne La buse qui grave dans le bleu sous le vent qui se lève Des figures arrondies aux contours impeccables A pris sous mes yeux comme amant le lutin des forêts Et dans un cri qui étonne les merlins et les fées S'abandonne en piqué et dans l'instant disparaît... Au col des chèvres dans la lumière ardente Des herbes jaunies et la senteur des pins Il flotte dans l'air immobile infini Des effluves de buis des bonheurs qui coulent à tes pieds la folie écrit par JeF
dimanche 27 avril 2008 20:51
Ecrit par anah l'odeur de la maison de Balleure sur la peau et les cheveux au réveil les yeux de mon père quand il essaie de rejouer un air d'accordéon le garçon à chapeau jouant du piano pour enfant en pleine nature l'innocence inespérée de deux inconnus la nuit du 2 mai 2005 une chanson qui disait "faut pas crever, c'est dépassé" la cueillette des chanterelles dans le Bois Magique le bruit sourd des bottes sur le vieux pont de fer la saveur des tartes aux pommes de Mireille le rouge pourpre sur les joues après l'amour la vague qui vient mordre le bout des pieds le bric à brac des trois greniers d'Albert la voix de ma mère lorsqu'elle chante le bruit feutré des pas dans la neige le sourire d'un ange dans le bus l'odeur indéfinissable du métro la courbe de son épaule la lumière d'un buddle le frisson des arbres une danse secrète la pleine lune plus rien chut écrit par JeF
mardi 22 avril 2008 23:05
Chers et cris
Une suite noire filante comme la trace cotonneuse d’un avion sur le miroir du ciel, une union pure et magique, fragile et pathétique, Ils épousent la lumière, le bleu, le profond Ou plus loin le noir, le terne et la pluie ; Une constance dans les phrasés, une éternelle passion, une merveilleuse tendresse :
Mariage authentique d’un poème et de ses mots choisis. écrit par JeF
mardi 22 avril 2008 23:00
Dimanche en pente douce Dimanche tranquille Préparatifs dans la tête des bougies dans les yeux Un sapin de Noël un vrai acheté ce matin Tout frais encore dans son emballage filet de pêche Un petit froid qui vous prends qui vous tient L'horloge de Balleure qui tic qui tac dans l'entrée pas de sonnerie Ca empêche de dormir ça évite de rêver Des papillotes déjà pensées pas encore achetées La truffe généreuse qui se donne dans la boite aux oeufs La nature qui t'entend laisse ton coeur s'évader J’entends une chanson qui filtre doucement de la porte du four Un écureuil en petits bonds autour du sapin Une joie d'envie de fête d'être nouveau De découvrir pour la première fois un sourire une légende un rien Etre neuf effacer tous les mauvais rêves des sorciers les sordides Prendre une cigarette pour la première fois odeur menthe Que tu ne connaît pas dentifrice mêlé Avec un train une gare un départ des voyageurs qui s'embrasent Une planète une ville la campagne vaches en noir et blanc Une pensée grand angle polaroïd couleur écrit par JeF
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